Bilan global : le détournement de 500 panneaux publicitaires laisse entrevoir une alternative au consumérisme

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En mars 2017, plus de 500 panneaux publicitaires ont été remplacés par des œuvres d’art, dans le cadre du plus grand détournement publicitaire international à ce jour.
Pour la semaine d’action #SubvertTheCity nous avons dénombré des créations dans les rues de 40 villes dans 19 pays.
Des publicités aux arrêts de bus ont été remplacées sans permission à Buenos-Aires, Bruxelles, Berlin, aux États-Unis, à Londres, Lisbonne, Mexico, Melbourne, Paris, Stockholm, Varsovie, Téhéran et dans d’autres villes.
Des artistes ont répondu présents à l’appel du nouveau réseau The Subvertisers International, pour imaginer une ville au-delà du consumérisme.
Ailleurs, les problèmes liés à la publicité ont été évoqués lors de rencontres publiques et ateliers, comme l’impact sur notre santé mentale, nos valeurs culturelles, notre confiance en nous et en notre corps, la place des hommes et des femmes dans la société, et notre impact sur l’environnement.
Le nouveau réseau de groupes antipub, The Subvertisers International, a également publié un « manifeste #SubvertTheCity » qui a été imprimé et traduit en plusieurs langues.
C’est un appel au public pour la réappropriation de l’espace urbain « à travers l’art et les imaginaires » pour « imaginer une alternative à la société de consommation ».
D’autres artistes ont abordé la crise des réfugiés et ont exprimé leur solidarité avec ceux qui subissent des persécutions, dans leur propre pays et à l’étranger.
Outre les détournements de panneaux publicitaires, de nombreuses actions locales ont eu lieu dans l’espace public.
À Buenos-Aires, des publicités ont été défacées dans les rues directement avec des crayons et des bombes de peinture, pendant qu’à Madrid les activistes collaient des stickers.
Dans le métro parisien, cinq panneaux géants de 4 mètres par 3 ont été recouverts de peinture.
Dans de nombreuses villes dont Toulouse et Bristol, un grand nombre d’espaces publicitaires ont été couverts d’affiches à slogans poétiques ou militants.
À Melbourne, des écrans publicitaires ont été repeints, dans un esprit de désobéissance civile, tandis qu’à Bordeaux des panneaux étaient recouverts de blanc de Meudon.
À Casablanca, des activistes d’ATTAC Maroc ont dénoncé le nommage de leur tramway, dicté par un accord publicitaire avec une entreprise.
À Grenoble, un activiste s’est fait enfouir sous des kilos de catalogues publicitaires, au cœur d’une zone commercial.
À côté de Brisbane en Asutralie, des mères et leurs enfants ont recouverts des aubettes de bus avec des tissus pour y afficher des slogans antipub.
De nombreux ateliers ont été organisés pour réfléchir autour de manières d’agir contre la publicité, évoquer des tactiques de résistance et l’organisation d’actions symboliques.
Selon le Français Pascal Correas, porte-parole de Subvertisers International, « Il y a un désir évident de la part des citoyens du monde entier de reprendre l’espace public aux publicitaires. Cette mobilisation internationale le confirme. Nous ne pouvons pas laisser de grandes entreprises contrôler l’aspect visuel de nos quartiers dans un but commercial. Dans nos rues, nous voudrions voir de l’art, entendre parler de justice économique, sociale et environnementale, et ne jamais avoir à subir de publicités. »
Depuis l’appel de Tunis en 2015, le 25 mars a été célébré pour la troisième année consécutive comme journée internationale contre la publicité.
« Nous avons considérablement grandi cette année avec un grand nombre de nouvelles villes impliquées.
Nous allons profiter des succès de Sao Paulo et de Grenoble, où les publicités extérieures ont été retirées, pour créer le monde dans lequel nous voulons vivre. », a ajouté Pascal.

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